J’aurai tellement de mots à t’écrire, tellement de mots encore à te dire... Je t’offrirai simplement ces dernières lignes qui refermeront le livre de notre histoire, devant tes yeux brillants. J’entends encore la mélodie de ton sourire m’emplir depuis mon enfance et me bercer au rythme de ses apparitions. Je t’ai cherché sans le savoir, tu m’as trouvé sans le vouloir. Tu es devenu mon rêve éveillé qui me suit partout, toujours. De nos corps mêlés et de nos absconses unions, la réalité ineffable nous a fait transir à l’ultime point de s’abandonner tout entier à la dualité de nos sentiments. De nous est né un. Celui qui persiste à vivre ses promesses, celui qui ne peut quitter ton sein dont il n’est sevré, celui-là même qui était nos demains. Il n’est pas mort, il n’a jamais autant vécu. Il sait aujourd’hui que les plus belles utopies s’écrivent à l’encre du coeur. Il nage dans les eaux de nos souvenirs et se repose sur le rocher de notre amour, avant de vagabonder, érémitique, dans le monde que nous lui avons façonné.

    Ni de mon intarissable envie de te survivre, ni de mon insatiable ambition de te suivre, tu ne mourras. Tu es en moi autant appendu que la chair qui me porte. À toi la Loreleï qui m’a chaviré éternellement dans l’étreinte de l'inconcevable, de l'insoupçonné. Je te conserve au foyer de nos souvenirs dans l’âtre de nos regards qui nous réchauffait encore. Apostrophe d’une conviction où chaque seconde de toi comptera dans ma vie bien plus que toute autre seconde. J’étais de ce rocher où tu m’as entonné tes mélopées envoûtantes, me noyant dans la mer que tu m’as inventée. Embrassé de l’immensité que tu m’as offerte, je veule à ce monde, trop fier de m’y avoir laissé pénétrer. Je ne saurai en traduire ni regrets ni colère, tu as enfanté de la plus pure filiation de mon bonheur et tu lui as rendu hommage en le prénommant “épanouissement”. Il vivra de ton éternité et n’aura de cesse qu’à l’avènement de ton émerveillement. Il va maintenant m’accompagner pour ne plus me laisser seul, jamais. Il me rappellera à toi aussi souvent que mon amour l’en fustigera.

    Te souviendras-tu seulement que j’ai existé un jour ? Je t’aime comme il ne m’a jamais été possible d’aimer davantage. Je suis tant serein pourtant de ne plus jamais me sentir seul, puisque tu existes quelque part.



    Benjamin.

Je rédige ces dernières lignes pour toi mon p’ti cul. Elles n’existaient pas sur la première version du site. Sans doute avais-je encore l’espoir de te les dire le jour venu. Mais, ces dernières heures ont révélé qu’il ne viendra jamais ce jour.

Je laisse donc le hasard peut-être te guider sur ces pages et la patience te conduire à celle ci. Je ne crois pas vraiment au hasard, mais il ne me reste plus que çà...

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